KYC IA pour SGP, CGP et courtiers, diligence par diligence

Sommaire

Un KYC IA bien conçu confie à Claude la lecture des pièces, l'arbre de détention, le rapprochement avec le registre des gels et le brouillon de la note de risque, puis remet chaque dossier à la conformité, qui décide d'entrer en relation. Selon les lignes directrices de l'ACPR, les diligences confiées à un tiers sont « considérées comme réalisées par l'organisme financier lui-même ».

Ce guide s'adresse aux responsables de la conformité des sociétés de gestion, des cabinets de conseil en gestion de patrimoine et des cabinets de courtage de taille PME ou ETI, qui montent eux-mêmes les dossiers d'entrée en relation et leurs mises à jour. Dans la synthèse publiée le 15 juin 2026, l'AMF tire les leçons de 46 contrôles ayant donné lieu à des suites entre 2022 et 2025, dont 16 décisions de sanction, et cite des insuffisances dans « la collecte, la conservation, l'actualisation et la traçabilité des informations relatives aux clients ».

Que doit contenir un dossier KYC selon le Code monétaire et financier ?

Un dossier KYC complet répond à quatre obligations du Code monétaire et financier : identifier et vérifier l'identité du client et de son bénéficiaire effectif (article L. 561-5), comprendre l'objet et la nature de la relation pour établir un profil de risque (L. 561-5-1 et R. 561-12), suivre la relation dans le temps (L. 561-6) et conserver les pièces 5 ans à compter de la fin de la relation (L. 561-12).

Le KYC (know your customer, ou connaissance du client) regroupe les vérifications qu'une entité assujettie à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) mène avant et pendant la relation.

Pour une société cliente, le bénéficiaire effectif est la personne physique qui détient, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui exerce le contrôle par d'autres moyens ; à défaut, l'ACPR admet de retenir le représentant légal (article R. 561-1). Les lignes directrices présentent la consultation du registre des bénéficiaires effectifs comme « un élément d'aide important », et toute divergence avec les pièces du client se signale au greffe du tribunal de commerce.

Flux KYC : pièces et registres vers quatre livrables préparés par Claude, puis deux décisions gardées par la conformité.
Lecture : les pièces du client et les registres publics alimentent quatre livrables préparés par Claude, avant les deux décisions qui restent à la conformité. Source : ACPR, lignes directrices relatives à l'identification, la vérification de l'identité et la connaissance de la clientèle.

La difficulté pratique tient au volume de lecture plus qu'à la règle : statuts, extrait Kbis, procès-verbaux, pactes d'associés, organigrammes de groupe, justificatifs d'origine des fonds. Claude Cowork lit ces documents dans un dossier partagé, à condition de lui dire précisément quoi y chercher.

Les huit diligences du KYC, une par une

Sur huit diligences, Claude peut préparer la lecture, l'extraction ou la synthèse de sept. La huitième, la déclaration de soupçon, reste hors de son périmètre, et chaque ligne se termine par une décision de la conformité.

DiligenceTexteCe que Claude prépareCe que la conformité garde
Identification du clientL. 561-5Dénomination, siège, numéro SIREN et dirigeants extraits de l'extrait Kbis et des statutsContrôle de cohérence entre les pièces
Vérification de l'identitéL. 561-5, R. 561-5-1Pour une société, contrôle de la date de l'extrait Kbis (moins de trois mois) et de sa cohérence avec les statutsPour les dirigeants et bénéficiaires effectifs, choix des pièces ou d'un outil de vérification à distance
Bénéficiaire effectifR. 561-1Arbre de détention calculé niveau par niveau, clauses de contrôle relevées dans les statuts et les pactes, comparaison avec l'extrait du registreValidation du calcul, signalement d'une divergence au greffe
Objet de la relation et profil de risqueL. 561-5-1, R. 561-12Synthèse de l'activité et de l'origine des fonds déclarée, liste des pièces manquantesClassement du risque selon la cartographie du cabinet
Gel des avoirsLignes directrices ACPR et DG TrésorRapprochement des noms avec l'export du registre national des gels, liste des homonymiesLevée de chaque homonymie
Personnes politiquement exposéesL. 561-10Synthèse des déclarations du client et des résultats de la base spécialisée retenue par le cabinetQualification et vigilance complémentaire
Vigilance constanteL. 561-6Relevé des pièces expirées et des changements de dirigeants ou d'actionnairesDécision de revoir le profil de risque
Déclaration de soupçonR. 561-38-2 (non externalisable)RienToute la décision, dans un espace réservé au déclarant Tracfin

La dernière ligne s'appuie sur l'article R. 561-38-2, cité par l'ACPR : l'obligation déclarative à Tracfin ne peut pas être confiée à un prestataire externe. Par prudence, nous déconseillons aussi d'y faire intervenir un outil. Anthropic a publié le 5 mai 2026 un agent KYC screener qui assemble les dossiers des entités, examine les documents sources et prépare les escalades soumises à la revue de la conformité ; nous l'avions présenté dans notre article sur les dix agents Claude pour la finance.

Six étapes, de la procédure écrite à la note signée

L'automatisation du processus KYC se déroule en six étapes, et chacune produit un livrable que la conformité relit. Le point de départ est votre procédure LCB-FT : l'assistant applique ce qu'elle prévoit aux documents et aux données de chaque dossier.

  1. Écrire la procédure en compétence. La liste des pièces par type de client et par niveau de risque, les seuils et le modèle de note deviennent une compétence Claude réutilisable. Livrable : une compétence relue par le responsable de la conformité.
  2. Ranger chaque client dans un dossier connecté. Claude Cowork ne lit et n'écrit que dans les dossiers que vous lui ouvrez, selon la documentation d'Anthropic. Livrable : un dossier par client, nommé de façon stable.
  3. Extraire et contrôler les pièces. Claude produit une fiche d'identification où chaque champ renvoie à la page de la pièce d'où il vient. Livrable : la fiche et la liste des incohérences (adresse différente entre extrait Kbis et statuts, extrait de plus de trois mois).
  4. Reconstituer le bénéficiaire effectif. Claude calcule les détentions indirectes niveau par niveau, relève les clauses qui donnent le contrôle et compare le résultat à l'extrait du registre des bénéficiaires effectifs. Livrable : un arbre de détention et, le cas échéant, une divergence à signaler.
  5. Rapprocher les listes. Le registre national des gels de la DG Trésor se télécharge en XML ou en JSON : Claude compare les noms du dossier à l'export du jour et liste les homonymies, puis résume les réponses de la base PPE du cabinet. Livrable : un tableau des correspondances, sans conclusion.
  6. Rédiger la note et archiver. Claude rédige la note de risque dans votre modèle avec les questions à poser au client ; la conformité tranche et signe, puis le dossier est conservé 5 ans après la fin de la relation. Livrable : la note signée et sa version datée.

Votre procédure KYC dort dans un document Word que personne ne relit ? C'est un bon premier chantier à transformer en compétence Claude avec l'équipe conformité.

Combien d'heures pour 120 dossiers par an ?

Sur un exemple construit avec des hypothèses explicites, un cabinet qui traite 30 entrées en relation et 90 mises à jour par an récupère environ 120 heures de préparation, soit plus de trois semaines de travail à 35 heures. Ces chiffres sont des hypothèses à remplacer par les vôtres, pas une mesure.

Hypothèse par anVolumePréparation manuelleRelecture d'un dossier préparé par ClaudeHeures récupérées
Entrées en relation de personnes morales303 h par dossier1 h par dossier60 h
Mises à jour périodiques901 h par dossier20 min par dossier60 h
Total120 dossiers180 h60 h120 h

La traçabilité pèse autant que le temps gagné : une fiche où chaque information renvoie à sa pièce répond directement à l'un des manquements relevés par l'AMF dans sa synthèse de 2026. Pour chiffrer votre propre cas, comptez vos dossiers de l'an dernier et chronométrez la préparation de deux d'entre eux.

Que dit l'ACPR quand un outil tiers intervient ?

L'ACPR traite un outil développé par un tiers comme une externalisation : selon ses lignes directrices, l'organisme évalue les risques de l'outil, sa fiabilité et sa compatibilité avec sa procédure, prévoit une solution de secours, et le contrat doit l'informer de toute modification de l'outil, comme ses algorithmes ou ses sources.

  • Les données : Anthropic indique sur son centre de confidentialité qu'il n'utilise pas par défaut les échanges de ses offres professionnelles pour entraîner ses modèles.
  • Le périmètre : un dossier connecté par client, jamais le serveur entier, et des comptes nominatifs dans une offre Team ou Enterprise.
  • La piste d'audit : chaque note conserve sa version datée et le nom de la personne qui l'a validée, pour répondre à un contrôle.
  • Les erreurs de lecture : sur un scan de mauvaise qualité, un taux de détention peut être mal lu, d'où le renvoi systématique à la page source et la relecture humaine de chaque calcul.
  • Les prestataires : l'AMF relève dans sa synthèse des lacunes dans l'encadrement des prestataires qui participent aux diligences de connaissance de la clientèle, ce qui vaut pour un éditeur d'IA comme pour un sous-traitant.

Le calendrier pousse aussi à revoir les procédures maintenant : le règlement (UE) 2024/1624, qui harmonise les règles anti-blanchiment dans l'Union, s'applique à partir du 10 juillet 2027. Une procédure écrite en compétence Claude se met à jour une seule fois pour tous les dossiers traités ensuite.

Cinq dossiers déjà signés pour un premier test

Le test le plus parlant porte sur cinq dossiers de personnes morales validés l'an dernier : Claude les prépare à nouveau à partir des pièces, et la conformité compare sa fiche à celle qui a été signée. Les écarts montrent ce que la compétence doit encore apprendre.

Prenez au moins une société détenue par une holding familiale et une structure étrangère, car c'est sur les chaînes de détention que la lecture est la plus longue et que la relecture compte le plus. Pour un cabinet de CGP, le même dossier sert ensuite au rapport écrit préparé avec l'IA ; les pages IA pour la gestion de patrimoine, IA pour les sociétés de gestion et IA pour le courtage détaillent les autres process de ces métiers.

ClaudIn, partenaire Select d'Anthropic, intègre Claude Cowork dans les outils et les process des PME et des ETI, avec des compétences métier et la formation des équipes. Chez Voodoo, 26 juristes, comptables et contrôleurs de gestion ont été formés en trois sessions d'une demi-journée, comme le raconte le cas client publié, et notre accompagnement IA en entreprise peut partir de votre procédure KYC. Réservez 30 minutes pour passer en revue votre procédure KYC et choisir les cinq dossiers du test.

Montrez-nous ce qui vous prend trop de temps

Vos process, vos tâches, discutons-en ensemble pendant trente minutes. Vous recevez ensuite un compte rendu écrit, avec notre approche et notre avis sur le potentiel d'un vrai déploiement, à transmettre à vos associés.

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Cas client : chez Voodoo, 26 personnes formées et 24 h libérées par semaine

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